Rubrique Ciné : Les scripts oubliés 4#

Bonjour à tous et à toutes.

Je vous avais dit lors de l’article précédent que je croulais sous les messages admiratifs suite à la création de cette rubrique. Parmi les nombreux témoignages celui du petit Vladimir P. de Moscou m’a particulièrement interpellé :

« Cher JCLegolas. J’aime beaucoup votre rubrique « Les scripts oubliés » car on apprend plein de choses sur l’histoire du cinéma. Je vous remercie pour cela. Toutefois, j’aurais un tout petit reproche à vous faire. Il semblerait que vous mettiez souvent en avant les films « Starwars » dans votre rubrique. N’y aurait-il point d’autres trésors cachés à nous faire découvrir ? »

Et bien mon petit Vladimir tu as parfaitement raison, il n’y a pas que « Starwars » dans la vie. Et ce numéro 4 va totalement remplir tes désirs de connaissances d’autres scripts oubliés hors espace galactique.


Nous allons donc cette fois partir sur le pont d’un célèbre navire au destin funeste (non, ce n’est pas le Costa Concordia) je veux bien sûr parler du célèbre « Titanic » de James Cameron, qui fut le triomphe du début d’année 1998, un classique de chez classique.

Nous sommes au moment où Rose embarque pour la deuxième fois sur un canot de sauvetage sous l’œil conjoint de Jack et Cal. Comme d’habitude rendons hommage aux sites qui reproduisent ces scripts dans leur intégralité, c’est ici : users.skynet.be

Rose, prévoyante, est passée sur le site billetreduc.com afin de réserver la place 23B côté fenêtre du canot numéro 2. Ce n’est malheureusement pas le cas de Jack et Cal qui se retrouvent fort déconfits devant cette situation un tantinet dramatique. Mais partons dès maintenant au milieu de l’Atlantique retrouver nos héros. Comme d’habitude les passages coupés sont en bleu, rose, vert, enfin la couleur que vous voulez.

Jack + Cal

Rose se tourne vers Jack :

– Je ne partirai pas sans toi !

Stupéfait par cette décision, il s’écrie :

– Si, il faut que tu partes ! Tout de suite !

– Non, Jack…

– Montes dans ce bateau Rose !

– Non, Jack !

– Si, monte dans ce bateau…

Entre-temps, Cal les a repérés et intervient :

– Si, montez dans ce bateau, Rose !

Instinctivement, Rose se serre près de Jack et tous deux le regardent, incrédules de l’entendre dire :

– Mon Dieu, mais regardez-vous ! Vous êtes à faire peur…

Il ôte la couverture que Rose avait drapée autour de ses épaules et la fourre entre les mains de Jack avec dédain, puis enlève son manteau et le donne à la jeune fille :

– Tenez ! Mettez ça sur vous… allons !

Inconsciemment, il a empoigné Rose qui s’écarte de lui d’un mouvement vif, se blottissant contre Jack qui s’agite :

– Monte, je prendrai le prochain…

– Non, je ne pars pas sans toi !

Cette fois, Jack prend un ton plus autoritaire :

– Je m’en sortirai ! Écoute : je m’en sortirai ! Je suis un rescapé grâce à toi… T’inquiète pas pour moi ! Maintenant monte !

Pourtant interloqué par cet échange empreint d’une passion de Rose dont il n’avait profité à aucun moment de leur couple, Cal est décidé à sauver la vie de Rose :

– Écoutez, j’ai un arrangement avec un officier de l’autre côté du navire… Jack et moi, on peut embarquer… tous les deux…

Étonné, Jack observe son rival. Puis, comprenant qu’elle ne l’écoutera pas, il supplie Rose :

– Tu vois… j’ai un canot, moi aussi… vas-t-en !

Cal ajoute :

– Embarquez vite… Il est presque plein…

L’officier Wilde empoigne Rose :

– Montez à bord, mademoiselle !

Jack approuve :

– Vas-y, vas-y !

L’officier en chef, Wilde, aide la jeune fille à s’installer, pendant que Lightoller continue à presser les femmes de ne plus attendre :

– Allez, vite ! Montez à bord, s’il vous plaît ! Dépêchez-vous !

Il sépare les mains de Jack et de Rose :

– N’avancez pas ! N’avancez pas !

Puis il ordonne d’affaler le canot avec les femmes des milliardaires Madeleine Astor, madame Arthur Ryerson, madame George Widener, madame John B.Thayer…

– Préparez-vous à faire descendre ! Dégagez s’il vous plaît !

Wilde ajoute :

– Allez, faites descendre ! Attention, bien ensemble… doucement ! Continuez ! Allez, continuez ! Abaissez ensemble, les gars… Doucement, voilà ! Allez-y, faites descendre…

Jack et Cal se tiennent côte à côte au bastingage, Jack hoche doucement la tête, satisfait d’avoir pu sauver Rose malgré son obstination. Il ne compte pas perdre une seule seconde de ses derniers regards sur elle, mais Cal l’interrompt :

– Vous mentez bien…

Il répond sans quitter la jeune fille des yeux :

– Presque aussi bien que vous !

Wilde dirige toujours :

– Tout doucement… faites descendre doucement… Plus doucement ! Les deux côtés régulièrement…

Timidement, Jack ose poser la question qui lui brûle les lèvres :

– Vous n’avez… aucun arrangement, n’est-ce pas ?

D’un air triomphant, Cal contredit :

– Oh si, j’en ai un ! Mais je ne vous en ferai pas profiter ! Dommage que je n’ai pas gardé ce dessin… il aurait valu une fortune demain matin…

Pendant que Jack hoche la tête d’un air vaincu, les épaules affaissées, Wilde crie toujours des ordres aux matelots :

– Les deux côtés en même temps, les gars ! Abaissez régulièrement… attention, ça penche !

Cal termine sa mise à mort :

– Je gagne toujours Jack… d’une façon ou d’une autre!

– Ah bon ?

– Oui toujours. Par exemple la partie de poker que vous avez gagné contre les espèces de suédois Larson et Jonson* au début du film. Et bien contre moi vous l’auriez perdu.

– Et vous vous seriez appelé Calson ! Ah ! Ah ! Caleçon, Calson, c’est drôle !

(riant de bon cœur) Ah oui, j’avoue elle est pas mal. Vous êtes un marrant Jack finalement.

– Oh vous n’êtes pas si méchant non plus Cal. Bon c’est juste dommage qu’on soit sur la même fille.

Cal soupire, Jack voit que Cal est troublé :

-Quelque chose ne va pas Cal ?

– Oh non ce n’est rien. Mais vous savez dans ces grandes familles des milieux industriels on ne fait pas toujours ce qu’on veut.

– Vous voulez dire qu’on vous a imposé d’épouser Rose ?

– Oh je ne veux pas vous embêter avec ça Jack, d’autant que la situation présente est un peu tendue. On est là comme deux imbéciles sur ce bateau qui coule, qu’est-ce que ça peut vous faire les problèmes d’un jeune homme trop sensible ?

– J’avoue que votre histoire me touche.

Jack commence à pleurer.

Wilde crie toujours :

– Rééquilibrez le canot… doucement ! Régulièrement, les gars ! Allez, continuez ! Voilà ! Sur la droite, régulièrement… Faites descendre, allez-y, allez les gars, doucement !

Assise dans le canot, Rose réalise ce qui se passe autour d’elle. Elle voit Jack et l’officier Wilde et surtout les maris et pères qui se détournent du canot, après avoir dit adieu à leur famille à laquelle ils ont menti afin de la mettre en sécurité…

Elle voit quelques larmes scintiller dans les yeux de Jack, et elle comprend qu’ils lui ont menti eux aussi !

Une fusée explose au-dessus de leurs têtes et entoure le visage de Jack d’un halo lumineux tel un saint…

Cal reprend la parole :

– Vous savez Jack, je vous trouve très émouvant avec ces fusées qui explosent derrière vous au ralenti sur une belle musique de James Horner et des murmures de Céline Dion.

– Vous aimez Céline Dion ?

– C’est ma chanteuse préférée, j’ai tous ses disques !

– Moi aussi Cal !

– Finalement nous avons plein de choses en commun Jack.

Cal prend tendrement la main de Jack :

– Ah si seulement… je n’ose vous le dire…

– Vous savez Cal, j’ai été en France récemment pour dessiner. Et depuis que François Hollande a instauré le mariage pour tous certaines choses deviennent possibles.

– Vous pensez que nous deux ?…

– Oh mon Calson…

– Oh mon Jackson…

Et subitement, Rose sait où est sa place ! Elle traverse le canot et se cramponne au pont promenade ouvert du pont A, se hissant avec ce qui lui reste de forces à bord du paquebot qui s’enfonce un peu plus à chaque minute. Jack hurle :

– Oh non Rose ! Pas elle !

Un matelot dans le canot tente de la retenir en criant :

– Non, ne faites pas ça ! Non ! Ils s’en foutent de vous !

Cal ordonne :

– Empêchez-la ! On veut pas d’elle !

Ahuri, Jack hurle :

– Rose ! Je veux pas de toi ! Qu’est-ce que tu fais ?

Mais il le sait, il le sait parfaitement. Cal crie :

– Arrêtez-la ! Empêchez-là ! Viens mon Jackson !

Jack répète :

– Non ! J’arrive mon Calson ! Calson, caleçon, elle est vraiment drôle celle-là…

Mais Rose a trouvé une main compatissante qui la hisse de l’autre côté du bastingage et remonte déjà la pente dangereusement raide vers l’entrée des premières classes.


Avouez que ça change quand même pas mal le sens de l’histoire, là on est sur du très très lourd. Je trouve aussi que ce passage réhabilite comme il se doit ce grand humaniste de Cal. Parce que c’est vrai ce grand dadais qu’est-ce qu’il a fait de mal ? Tirer au revolver sur des gens, donnez des coups de rames à d’autres qui se noyaient, rien de vraiment méchant en somme. Il était temps que justice lui soit enfin rendue.


À bientôt pour naviguer ensemble sur les flots bleus des scripts oubliés…

JCLegolas
*Bon dans la réalité les suédois s’appelaient Olaf et Sven (oui oui comme dans la Reine des Neiges) Gundersen, mais mon jeu de mots n’aurait pas marché.

3 réflexions sur “Rubrique Ciné : Les scripts oubliés 4#

  1. Angelilie dit :

    J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

    J'aime

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